Bibliothèques et droits culturels

Que se passe-t-il lorsqu’un groupe de bibliothécaires décide de regarder son métier à travers le prisme des droits culturels ?

Ce rapport restitue le travail mené en 2022 au sein du groupe « Bibliothèques & droits culturels » du Laboratoire, constitué de professionnelles et professionnels volontaires de la métropole bordelaise. Dans un contexte marqué par l’entrée explicite des droits culturels dans la loi de 2021 sur les bibliothèques, il synthétise plusieurs mois d’échanges, de témoignages et d’analyses autour des pratiques quotidiennes, des responsabilités réelles d’un métier bien ancré dans les relations humaines qui structurent ces lieux de proximité. Il montre comment l’accueil inconditionnel des personnes, le partage du savoir dans sa diversité et la charge émotionnelle du service public forment un ensemble cohérent avec les droits culturels lorsqu’ils sont abordés comme des questions d’égalité, de dignité et de participation.

Dessin de bibliothèque avec des livres, des bd, des comics, une manette de jeu vidéo, des cartes à jouer, des figurines, un ours en peluche

© Camille Pelletant

Les discussions révèlent l’importance des valeurs fondatrices des bibliothèques mais aussi les tensions liées aux injonctions quantitatives, au manque de temps pour interroger le sens du travail et aux écarts entre missions formelles et pratiques réelles. Le rapport met en lumière une réalité souvent invisible : la place centrale de la relation humaine dans la réussite des politiques publiques de la lecture, et la nécessité de mieux reconnaître, accompagner et protéger cette dimension relationnelle. Il montre aussi comment les droits culturels permettent d’unifier des situations très différentes en une même exigence : permettre à chacun.e la liberté d’être accueilli en dignité et de participer dans ces espaces du quotidien.

Enfin, les participantes et participants formulent plusieurs pistes concrètes : réinterroger les projets d’établissement (PCSES), créer des espaces de palabre ouverts aux personnes, inscrire ces réflexions dans la formation professionnelle, mieux formaliser les coopérations territoriales et expérimenter de nouveaux dispositifs fondés sur la qualité des relations. Ce document, à lire ci-dessous, est en accès libre pour constituer une ressource afin de repenser la bibliothèque comme lieu d’humanité et comme acteur des droits fondamentaux.

Maël Lucas

Spécialiste des droits culturels, Maël travaille sur l’évaluation des politiques publiques, le patrimoine et les enjeux de démocratie numérique.

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